
Le PPA-CI appelle à la dissolution de la CEI après son refus de réviser la Liste électorale
Le 6 février 2025, lors de la 34ème édition de la Tribune du PPA-CI, Koné Katinan, porte-parole du PPA-CI, a exprimé de vives inquiétudes sur la situation actuelle autour de la révision de la Liste électorale (LE) en Côte d’Ivoire, alors que les élections générales approchent à grands pas. Le débat porte sur l’attitude de la Commission électorale indépendante (CEI), soutenue par le RHDP, qui s’oppose à la révision de la liste électorale, demandé par l’opposition.
Dans son intervention, Koné Katinan a souligné que la révision de la Liste électorale, inscrite dans l’ordonnance n° 2020-356 du 8 avril 2020, fait partie des obligations légales de la CEI. Selon l’article 6 de cette ordonnance, la liste électorale est un document administratif, public et permanent, qui doit être mis à jour annuellement pour tenir compte des évolutions dans le corps électoral. Il rappelle que cette révision annuelle est une obligation que la CEI ne peut ignorer, sauf à se déclarer « hors la loi ».
Cependant, l’argument avancé par la CEI pour justifier son refus de réviser la liste, notamment le respect d’un calendrier électoral serré, est jugé par l’opposition comme un prétexte pour masquer des intentions moins avouables. Selon Koné Katinan, si une exception à l’obligation de révision pendant l’année électorale était légitime, elle aurait dû être explicitement inscrite dans le Code électoral, ce qui n’est pas le cas. L’argument du calendrier électoral, selon lui, ne saurait prévaloir sur la nécessité de respecter les prescriptions légales du Code électoral.
Le porte-parole du PPA-CI n’a pas manqué de dénoncer la collusion d’intérêts entre la CEI et le RHDP. Selon lui, cette situation traduit une volonté claire de restreindre l’accès au processus électoral, en empêchant l’inscription d’un maximum de citoyens sur la liste électorale. L’attitude « partisane » de la CEI, qu’il décrit comme un appendice du RHDP, est un autre point de friction majeur. Il affirme que le rôle de la CEI, en tant qu’institution indépendante, est désormais remis en question, car elle semble se ranger systématiquement du côté du pouvoir en place, en dépit de ses obligations légales.
En plus de la révision de la Liste électorale, Katinan a également évoqué la question du caractère permanent de cette liste. En dépit de ses faiblesses internes, à en croire Koné Katinan, la CEI et le RHDP s’accrochent à l’idée que la liste doit rester inchangée, en refusant toute refonte. Pour le PPA-CI, cette attitude est une tentative de maintenir un système électoral biaisé, dont la légitimité est de plus en plus remise en question.
Enfin, Koné Katinan a évoqué la position du PPA-CI concernant la dissolution de la CEI. Le parti réclame depuis plusieurs mois une réforme en profondeur de cette institution, dont la crédibilité, selon Katinan, est sérieusement entachée par ses liens évidents avec le RHDP. « La position très partisane qu’affiche notamment le Président de la CEI donne encore davantage de relief aux revendications du PPA-CI pour la dissolution de cette CEI »
À l’approche des élections générales, le combat pour la révision de la Liste électorale devient donc un enjeu majeur. L’opposition ivoirienne, unie sur cette question, continue de dénoncer la partialité de la CEI et son manque d’indépendance, tandis que le RHDP et la commission électorale s’accrochent à leur position. Ce bras de fer risque de nourrir les tensions politiques et de mettre à l’épreuve la confiance des Ivoiriens dans le processus électoral.
Le climat préélectoral s’annonce ainsi particulièrement tendu, et cette question de la révision de la Liste électorale pourrait bien être l’un des principaux moteurs des mobilisations politiques à venir.
Hilaire Gueby