
Présidentielle 2025: l’opposition ivoirienne envisage-t-elle de créer un vide constitutionnel en 2025 ?
Lemandatexpress – À moins d’une année de l’élection présidentielle de 2025, la politique ivoirienne semble s’engager dans une nouvelle impasse. Après la présidentielle de 2020, marquée par un intense climat de tensions et un boycott de l’opposition, cette dernière semble vouloir redessiner un schéma similaire pour la prochaine échéance électorale.
Elle essaie de fragiliser le cadre constitutionnel et plonger la Côte d’Ivoire dans l’incertitude. En 2020, l’opposition ivoirienne, unie dans sa volonté de contester la légitimité d’un autre mandat d’Alassane Ouattara, avait créé le Conseil National de Transition (CNT), présidé par l’ex-président feu Henri Konan Bédié. L’objectif affiché était de mettre en place un « gouvernement de transition » pour diriger le pays jusqu’à de nouvelles élections. Toutefois, cette tentative d’instaurer un vide constitutionnel avait échoué eu égard à la participation de Konan Kouadio Bertin (KKB) aux élections et la solidité du cadre institutionnel, évitant ainsi le chaos que l’opposition semblait préparer.
Quatre ans plus tard, à l’aube de la présidentielle de 2025, l’opposition semble vouloir renouveler cette stratégie. Pascal Affi N’Guessan, président du Front Populaire Ivoirien (FPI), porte à nouveau la parole de l’opposition, et cette fois-ci, il cible directement le Président Alassane Ouattara, contestant sa possibilité de briguer un autre mandat, bien que la Constitution lui en donne le droit. Lors de ses vœux aux militants de son parti, Affi a exprimé fermement que Ouattara « n’a pas le droit de se représenter », et il a exigé la réouverture et la consolidation de la liste électorale, remettant en cause le travail effectué par la Commission électorale indépendante.
Manœuvres d’Affi
Cet appel à la mobilisation contre le processus électoral en place semble être une manœuvre pour remettre en cause la régularité des élections à venir.
Affi et l’opposition lancent une campagne d’inquiétude et de confusion, visant à semer le doute dans les esprits des Ivoiriens. Pour eux, la seule voie vers le succès semble passer par les actions de masse, dans l’espoir de déstabiliser un environnement politique qui paraît trop favorable au bilan du président Ouattara. Il est cependant frappant de noter que l’opposition semble avoir du mal à se donner les moyens d’être une alternative crédible, capable de jouer un rôle constructif dans la politique nationale.
L’appel à la violence et la désobéissance civile en 2020 n’avaient fait qu’envenimer la situation et compromettre davantage la stabilité du pays. Sans Henri Konan Bédié, l’opposition se tourne vers Laurent Gbagbo pour conduire cette nouvelle offensive. Affi N’Guessan, dans son discours, a appelé Gbagbo à prendre les rênes d’un nouveau mouvement baptisé le Rassemblement pour une Alternance Pacifique, Inclusive et Démocratique (RAPID). Ce groupe, censé se positionner comme une alternative au pouvoir en place, serait selon Affi, la clé pour créer les conditions d’«élections inclusives, libres, transparentes et pacifiques ». Mais ce qui inquiète le plus dans cet appel, c’est la façon dont l’opposition semble vouloir mobiliser la population pour des actions de masse. Affi a insisté sur la nécessité pour les Ivoiriens de « prendre leur part de combat » et de ne pas rester « spectateurs passifs » de l’histoire.
En appelant à un engagement populaire massif, l’opposition semble anticiper une situation de crise, espérant que la population, désireuse de changement, se soulève pour imposer une nouvelle forme de gouvernance. Cette stratégie laisse présager des troubles potentiels dans les mois à venir, surtout si les appels se multiplient.
Menace sur 2025
L’objectif ultime de cette manœuvre serait de provoquer un vide constitutionnel, comme ce fut le cas en 2020, mais cette fois-ci avec l’espoir que l’onde de choc déstabilise le calendrier électoral, voire le report des élections. L’opposition semble jouer un jeu dangereux, avec une double visée : d’une part, créer un climat de doute et d’instabilité, et d’autre part empêcher la tenue d’une élection présidentielle qui ne lui semble pas favorable. En agitant la menace d’une mobilisation de masse, l’opposition mise sur l’implication populaire pour forcer le gouvernement à céder à ses exigences. Dans ce contexte, la stratégie de l’opposition pourrait s’avérer risquée.
Toutefois, le Président Ouattara, qui bénéficie d’un large soutien national et international, devra faire preuve de fermeté et de sagesse pour éviter toute escalade de violence, et garantir que les élections de 2025 se dérouleront dans des conditions de paix et de transparence. Si cette situation venait à se concrétiser, la Côte d’Ivoire risquerait à nouveau de se retrouver face à une crise constitutionnelle et politique majeure. La responsabilité des leaders politiques, notamment ceux de l’opposition, sera cruciale pour assurer que le pays évite le chaos et parvienne à une alternance pacifique, dans le respect de la démocratie et des droits des citoyens.
Source : Le mandat